La face cachée de Piper Jones devenue Park [Journal intime]
Auteur
Message
Piper ParkMessages : 103 Date d'inscription : 14/04/2020
Sujet: La face cachée de Piper Jones devenue Park [Journal intime] Mar 18 Aoû - 18:07
N°1
Six ans...
Qu'on soit tous d'accord: c'est un trop jeune âge pour envoyer son enfant ailleurs emmagasiner une autre culture, des connaissances plus ou moins vastes venant de différents horizons.
Six ans et rejoindre la Corée...
Cependant, six ans ce n'était pas peu pour commencer à pratiquer les arts martiaux, les techniques de combat et le maniement des armes. Certains commençaient à 4 ans et devenaient les meilleurs.
Les parents de Piper avaient compris que le plus tôt Piper commencerait: le plus tôt elle serait rodée. Apte à se défendre dans n'importe quelle situation.
Piper avait rejoint la Corée comme tout petit garçon britannique rejoindrait une "boarding school". Elle avait sa valise en main, son uniforme sur elle, tirée à quatre épingles, ses cheveux étaient attaché en une longue couette par un ruban rouge.
La seule chose qui pouvait faire tâche, c’était une peluche en forme de lapin.
- Allons Piper. C’est le moment.
Elle regardait son père qui la poussait à avancer.
- Vous ne m’accompagnez pas, Papa?
- Non Piper. Tu es grande maintenant. Tu dois commencer à faire certaines choses seule.
Piper baissa la tête contrariée.
Elle avait peur, mais refusait de le montrer. Sa mère eut un pincement au coeur.
Piper ne voulait pas bouger et au bout de trente minutes: ses parents prirent la décision de la laisser sur place en regagnant la voiture. Elle resta là devant la porte, longtemps comme s'ils allaient revenir. Mais bientôt, on aurait dit qu'elle avait élu domicile devant le pensionnat, mais il fallait bien dormir quelque part ce soir alors elle entra et les grilles se referment derrière elle.
Piper n’avait pas de frères ou de sœurs elle n’avait donc jamais vécu en fratrie. Elle ne savait pas ce que c'était de supporter une personne autre que ses parents, chaque jour et très vite elle trouva le bruit environnant très agaçant. La différence de comportement, les différences de conversation, de langue et autre... Ça lui passait vite par dessus.
Afin de ne pas perdre la tête, elle avait décidé de n’aller vers personne. Elle répondait quand on lui parlait, elle aidait ceux qui en avait besoin et se pliait aux règles. C’était une élève exemplaire sur bien des aspects... cependant...
... Vous feriez mal de penser qu’elle n'a jamais eu de mal en quoi que se soit.
Un mois après qu’elle se soit installée, la jeune fille avait reçu son emploi du temps particulier...
Elle n'avait jamais pu imaginé que ses journées pourraient commencer à 7h et se terminer à 22 heures... La Corée était un pays où la discipline et le dur labeur prônaient sur le plaisir et les joies de la vie:
- De 7 à 10h: elle étudiait les élémentaires tel que les maths, le Coréen, l’histoire et la géographie. - De 10 à 15h: elle avait des cours d’art martiaux et le reste de la journée était dédié à l’apprentissage d’autres langues et de musique jusqu’à 19h.
Ses journées finissaient par le nettoyage des parties communes.
Les premiers cours furent les plus compliqués. Elle comprenait parfaitement le coréen. Mais le parler était plus compliqué et l'écrire était carrément impossible. Heureusement, de toutes les langues qu'elle apprenait, le Coréen était la seule langue qu'elle devait maitriser à l'écrit.
Ensuite: Piper comprenait enfin pourquoi elle avait un kimono dans sa valise. Elle avait été inscrite à des cours de Wing chun. Heureusement pour elle: ils n’étaient pas beaucoup à étudier les arts martiaux. Majoritairement des garçons. Ce n’est pas pour autant qu’elle ne s'est pas sentit humiliée la première fois que son maître lui a demandé de venir au centre du tatami pour combattre.
Pendant un mois... On lui avait appris à mémoriser des mouvements dans le vide, pour autant: elle ne se sentait pas prête à se battre. Elle voulait prendre ses jambes à son cou à vrai dire.
Ils s’étaient salués convenablement puis Piper mit ses mains en garde. Elle regardait son maître qui la fixait, un léger sourire sur les lèvres. Elle n’osait pas l’attaquer et il le savait. Sa garde montrait qu'elle était pacifique.
L’homme avait cerné le caractère de la jeune fille et ne pouvait s’empêcher de voir une lionne qui se prenait pour une poule... ou un lionne refusant sortir de sa cage. Pour cette raison: il n’épargna pas la jeune fille et se mit a l’attaquer. Il pouvait constater qu’elle savait éviter les coups... mais elle n’en donnait aucun. Alors il lui mit une bonne raclée devant tout le monde. Elle encaissa étonnamment bien et bien que les autres se moquèrent, elle était celle qui avait le mieux encaissé....
...Avant de fuir pour cacher sa honte.
Elle pleurait et grognait contre ses parents. Pourquoi avaient-ils besoin de l’envoyer dans cette école de fous?! Avait-elle besoin d’apprendre le Wing Chun ou je ne sais quoi?!
- Tu te caches... Comme toujours.
Piper ne répondit pas. C’était de la provocation pure et dure, mais la vérité était que maître Chun-Yip lui reprochait de se comporter comme ce qu’elle n’était pas. Alors il lui mit une tape derrière la tête. Puis une autre... et encore jusqu’à ce qu’elle réagisse.
Il lui fallut la pousser pour qu’enfin, Piper riposte. Il attrapa son bras tandis qu’elle le lançait vers lui.
- Tu es trop lente.
Elle essaya d’arracher son membre de l’emprise de son maitre, mais elle n’y parvint pas. Ce qui le fit soupirer.
- Que fais-tu? Cesses de gesticuler.
- Vous avez eu ce que vous vouliez ! Maintenant lâchez-moi! Vous m’avez humiliée devant tout les autres! Laissez-moi...!
- CESSES DE TE COMPORTER COMME UNE ENFANT!
Sa voix lui avait soudainement paru si menaçante et si forte qu’elle en fut saisie et ne bougeât plus.
Maitre Chun-Yip se calma.
- Tu t’es couverte de honte seule, Jones. Et tu as voulu me couvrir de honte par la même occasion.
- C'est faux! Si vous ne m'aviez pas appelé au milieu du tatami...
- Alors quoi? coupa le maître. J'aurais dû prendre un des garçons et te laisser dépérir dans un coin? Vous n'êtes que trois filles participant à ce cours, tu aurais dû te sentir honorée.
- Les garçons adorent la bagarre... Pas les filles.
- "La bagarre"? s'étonna Chun-Yip. Pour toi, ce que je t'apprend, c'est "la bagarre"? (Piper ne comprenait pas ce qu'il y avait de plus à saisir.) Tu ne vois qu'un jeu à ce que je t'apprend. Ta culture occidentale piétine allègrement tes valeurs orientales. Pour toi la vie n'est qu'un jeu, tu sais pleinement que tu es une enfant et tu refuses de quitter ce statut pour évoluer et pourquoi? Parce que tu as peur.
Piper en voulait à son maitre de l'avoir cernée et comprise. Elle se tût de peur qu'il ne lise plus en elle.
Aux yeux de Chun-Yip, Piper n'était nulle. Non; il voyait de la souplesse dans les angles abrupts de son caractère. Il voyait un potentiel que Piper étouffait.
S'accroupissant devant elle il continua:
- Je t'apprends plus que simplement te battre, Jones. Ici, les choses sont différentes. La mentalité est différente... Si tu ne t'adapte pas alors ...
Il n'avait pas besoin de finir sa phrase. Piper savait ce que ça voulait dire: elle serait foutue.
Elle se sentait alors très à l'étroit dans ce nouveau monde ou elle ne pouvait pas être ce qu'elle voulait... Comme une plante qui grandit dans une boite en verre... Ou un bonzaï dans un pot étroit afin qu'il ne grandisse jamais.
Elle ignorait la différence entre ses désirs et ses besoins.
Elle savait ce qu'elle voulait faire et être, mais on lui demandait de faire quelque chose de différent. Quelque chose qu'elle n'aimait pas et quelque chose qui, elle en était persuadée, ne la rendrait pas heureuse.
- Je ne veux pas...
Maitre Chun-Yip n'insista pas et la laissa s'en aller.
Elle avait décidé d'en faire à sa tête et de changer les règle en faisant capituler la Corée et sa culture face à ses manières d'Européenne.
greenie strawberry
Piper ParkMessages : 103 Date d'inscription : 14/04/2020
Sujet: Re: La face cachée de Piper Jones devenue Park [Journal intime] Mar 18 Aoû - 18:30
N°2
Les parents de Piper étaient connus.
Sa mère était une noble devenue bourgeoise suite à son mariage avec un européen.
Comment Arthur avait-il rencontré Joon? C'était simple. Lors d'affaires en Asie qu'Arthur trouvait magnifique. Il avait visité la Chine, le Japon, le Vietnam puis la Corée.
Cependant il trouva en Corée des éléments plus convaincants incarné en l'être de Joon Ji-Park.
Fille de Haneul Park et Cha-Ji Baek. Elle avait un frère aîné ( Jin-Ji Park), un petit frère (Yeong-Ji) et deux petites jumelles ( Kim-Ji et Bea-Ji).
Le père de Joon possédait des terres qu'Arthur voulait acquérir afin d'y bâtir son deuxième hôtel. Haneul était loin de s'imaginer qu'un rouquin d'irlandais s'enticherait de sa Joon. Les choses arrivèrent comme elles arrivèrent et Joon perdit son statu de noble pour être rétrogradée au rang de bourgeoise.
Son frère, Jin, en avait le coeur brisé. Elle passait dernière dans la succession et n'avait plus de droit sur leur immense patrimoine. A la mort de leurs parents, Jin devint prince représentant de la famille Park, talonné par son petit frère, Yeong avide de contrôle et de "renommée". Alors que les deux dernière...
... Les deux dernière n'en avait rien à faire du titre.
Jin se renseigna et orchestra tout afin que Joon puisse avoir l'honneur de tenir un jour son patrimoine en main.... Qu'il puisse entrer dans l'histoire de sa famille à elle aussi. Il n'avait pas pu avoir d'enfants car sa pauvre femme qu'il aimait énormément n'était pas capable d'en porter un, mais tout deux affectionnaient particulièrement leur nièce, Piper Park.
Elle n'était certes pas de sang pur et avait un certain caractère, mais c'est ce qui faisait d'elle une personne légitime et digne de faire partie de la lignée des Park selon Jin.
Alors que Piper était en Corée elle pensa qu'elle était seule.
En vérité, Joon avait laissée à son frère, le soin d'éduquer Piper lors de sa scolarité en Corée et Jin allait en prendre grand soin.
C'est ainsi, qu'à l'insu de son petit frère, Jin désigna Piper comme son héritière légitime, lui transférant ainsi le titre de représentante et de cheffe de la lignée des Park, s'il en venait à mourir.
Mais ça, elle n'en savait rien et elle n'en saurait rien jusqu'à ce qu'il meurt.
greenie strawberry
Piper ParkMessages : 103 Date d'inscription : 14/04/2020
Sujet: Re: La face cachée de Piper Jones devenue Park [Journal intime] Mar 18 Aoû - 19:13
N°3
Comme nous le disions. Piper était donc connue en Corée. Cependant elle l'ignorait et ce n'était pas plus mal car elle n'était pas connue en bien.
Le peuple de Corée voyait d'un mauvais oeil que Joon ait pu choisir Arthur plutôt que son peuple. C'était une trahison.
De cette manière quand les coréens apprirent que la fille de Joon-Ji était en Corée, cela avait fait jasé. Cela n'était pas tolérable! Pourquoi envoyer sa fille étudier en Corée après avoir abandonné et renié la Corée? C'était inacceptable. Surtout pour les parents des autres enfants de l'école.
Et devinez ce que font les enfants quand ils sont petits? Ils imitent leurs parents. Ils adoptent leur opinions, leur vision sur le monde, leur manière de faire les choses sans vraiment se poser de questions.
Ainsi, la plupart des élèves (surtout des filles) à l'école, n'appréciaient pas la présence de la jeune irlando-coréenne.
Elle restait seule et le fait qu'elle se soit fait son propre train de vie ne plu à personne. Ses camarades attendaient patiemment qu'elle montre un signe de faiblesse, qu'elle commette un faux pas pour la traiter de sang souillé, de trainée irlandaise buveuse de whisky qui pouvait rentrer dans son pays de nains roux OU mourrir.
Mais Piper ne fit pas cette erreur.
Ici les gens n'avaient de joie de vivre qu'en satisfaisant leur égo. En ayant de la réussite sur les autres. Piper n'adhérait pas.
Et un jour:
- Yah! (eh!)
Elle leva la tête. Une fille avec de beaux cheveux longs et noirs se tenait devant elle.
- C'est toi la fille de Joon Park?
Tout le monde avait tourné la tête vers elles. Piper savait que si elle disait "oui": elle était foutue.
- Ça dépend ce que tu comptes lui dire.
La jeune fille avait compris que Piper n'était pas dupe et qu'elle avait un tempérament plutôt tranchant. Ceci dit, Piper avait confirmé qu'elle était bien la fille de sa mère. Et ça n'allait pas l'aider.
La jeune fille était repartie, hargneuse. Ceci dit il était possible d'entendre les autres se moquer tout bas.
"Son coréen est si... nul" alors qu'elle avait simplement un fort accent. Piper comprenait parfaitement le coréen. Elle avait juste du mal à prononcer certaines choses et ne se cassait pas la tête.
"Son teint est si foncé... Elle doit être bien pauvre. Sinon elle n'habiterait pas chez son oncle!"
" Elle est si hautaine... Elle pense qu'elle est meilleure que nous et ne se mélange jamais...!"
Ainsi... Les jours suivants furent nuageux. Quelque chose se tramait. Quelque chose de mal. Elle comprit quoi quand un matin, en voulant enfiler se chaussures, elle entendit quelque chose rouler dedans... Des punaises plus précisément.
Plus tard, on pouvait lire sur son casier, et sur sa table des mots comme "rendre chez toi sale truie" ou encore " Etouffe-toi avec ta bière connasse."
Piper n'avait pas réagit. Elle avait nettoyé ce qu'elle pouvait et dessinésur le reste.
Souvent on lui faisait un croche-patte, mais étant un félin, elle décevait l'excitation de beaucoup en retombant sur ses jambes. Elle savait qu'il fallait qu'elle reste calme et passive et que c'était la meilleur façon de prouver la méchanceté de quelqu'un, mais ce level de méchanceté n'était pas indéfiniment supportable.
Joon avait prévenu sa fille sur le fait qu'il y avait beaucoup de victimisation en Corée... Mais elle n'y avait pas cru. Du moins pas comme ça.
Un jour, elle s'est faite coincée dans le gymnase par une groupe de fille qui se pensaient être les représentantes de la fédération de la noblesse coréenne infantile. Cependant personne n'avait jamais entendu parler de strass et de vernis ou tatouage fait au feutre dans la noblesse...
- T'es encore là... T'en a pas marre de nous faire chier? Rentres chez toi!
Elle ne répondit pas et continua à ranger les ballons dans la grande caisse.
- YAH! Je parle! Tu sais répondre ou t'es débile?!
Elle haussa les épaules comme si ça lui était égale. En vrai: ça lui était égale. Leur avis sur elle ne l'affectait absolument pas.
- Ma mère dit que t'es une honte à notre peuple. Que les enfants comme toi ne devraient pas exister car ils sont impures et indignes de la noblesse coréenne.
- Who cares, marmonna Piper.
- Hein? Tu parles quelle langue la crétine? se moqua la jeune fille. T'es comme ta mère en fait... Une sale trainée qui a trahit son peuple. Hein?
Le sang de Piper ne fit qu'un tour dans ses veines.
- Tais- toi.
- Putain... Je comprends rien de ce que tu racontes la bledarde! Haha!
- Je parle anglais... Tu devrais le savoir vu que tu apprends l'anglais aussi. (Elle se tourna vers elle.) Ah... J'oubliais: t'es trop conne pour apprendre une autre langue. Tu veux que je répète en coréen?
Pas besoin d'être un génie pour comprendre une insulte: ça se sent ces chose là. Mais pour leur plaisir: elle reprit en coréen.
- Alors toi et tes copines et ta mère: laissez-mon cul de sale plouc d'européenne tranquille.
- Qu'est-ce que t'as dit sur ma mère?
- J'AI DIT QU'ELLE ETAIT CONNE! COMME TOI!
- BATARDE!
Ni une ni moins, elle avait lancé le ballon qu'elle avait en main sur la face de la fille en y mettant toutes ses forces.
Piper ne mesurait pas encore sa force à l'époque... Elle se mit à se battre avec le goupe en prenant de sacré coups, mais en en prenant aussi beaucoup. Ce qu'elle n'avait pas anticipé, c'est qu'elles aient une paire de ciseaux pour lui couper les cheveux pendant que d'autres la maintenaient.
- SALES GARCES!
Couper ses cheveux c'était comme... Raser un lion... Ses mèches commençaient à tomber à terre et elle perdit toute notion de retenue:elle se retourna et d'un seul coup.
La lame des ciseaux passa sur son sourcil, lui valant une cicatrice qui aujourd'hui passe pour une excentricité stylistique.
Ses petits poings s'écrasèrent sur leurs faces ou elle leur attrapa les cheveux pour une meilleur prise ou les tirer. Elle se battait comme une lionne. Mais sa manière de se battre était... Très confuse et loin d'être élégante.
Mais au moins: qu'elle avait gagné.
greenie strawberry
Dernière édition par Piper Park le Mar 18 Aoû - 20:32, édité 1 fois
Piper ParkMessages : 103 Date d'inscription : 14/04/2020
Sujet: Re: La face cachée de Piper Jones devenue Park [Journal intime] Mar 18 Aoû - 19:58
N°4
Elle balançait ses jambes, assise sur un des sièges en face du bureau du directeur de l'école... qui s'entretenait avec son oncle et sa tante.
Les autres filles, elles, avaient défilé avec leurs parents plus tôt... Ainsi que leurs bleus, sur la face faisant office de maquillage, leurs coupes nouvelle génération et leurs vêtements déchirés signé Piper.
Petit et grands l'avaient dévisagée, un par un. S'ils avaient pu la gifler: ils auraient fait la queue avant de passer un par un pour lui distribuer une baffe.
Elle soupirait en attendant que son oncle ressorte en annonçant qu'elle était renvoyée et qu'elle irait dans une autre école... Ou pire: qu'elle retournait à Quederla.
Elle imaginait la déception sur la face de sa mère et se sentait misérable.
Quelqu'un vint s'asseoir à côté d'elle. Elle n'y fit pas attention.
- Il fallait que ça arrive...
Elle reconnu la voix de maitre Chun-Yip.
- Je suis désolée... Certains nobles pensent que pour préserver la culture, il ne faut pas se mélanger.
- Et pas vous peut-être?
Il regardait ses cheveux à moitié coupé et difformes... Elles ne l'avaient pas ratée. Puis, il s'attarda sur son visage. Son arcade scandée d'une entaille profonde recousue à la va vite, pleine de sang séché, ses pommettes violacées, les griffures sur sa mâchoire ainsi que les marque autours de ses poignées et chevilles. Sans compter les bleus sur ses jambes.
- Tu n'as pas trop mal?
Elle haussa les épaules.
- Je suis renvoyée de toute façon...
Cela fit sourire le maitre. Elle était plus coréenne qu'elle ne le pensait au final.
- Attends moi là, tu veux?
Sur ces mots: Chun-Yip se leva et entra dans le bureau du directeur. Qu'allait-il faire? Que pouvait-il faire? Piper se sentait dépassée, les choses lui échappaient et elle admit que parfois les choses pouvaient et devaient être modifiées pour un plus grand bien que celui du plaisir.
Son oncle, sa tante ainsi que son maitre avaient finit par sortir silencieusement. Tous s'arrêtaient devant le jeune fille qui se sentait faite comme un rat.
- Alors... Je suis renvoyée c'est ça?
Oncle Jin soupira avant de faire non de la tête.
- Quelle est ma punition alors?
- Il n'y en a aucune, Piper, répondit le maitre.
- Comment ça...?
- Je t'expliquerais plus tard...
Piper était révoltée.
- Mon oncle! C'est impossible! Je refuse! Si je ne suis pas punie ces harpies continueront à me chercher des noises jusqu'à ce que je vous cause la plus grande honte!
Puis elle s'arrêta en prenant un certain recule.
- Mon oncle... Pourquoi vous n'êtes pas fâché?
Jin prit une grande inspiration avant de retirer ses lunettes et se frotter les yeux. C'était pire: il était déçu... Piper se sentait plus que misérable. Elle se sentait ingrate, sans coeur et illégitime.
- Tu n'y es pas Piper. Je suis inquiet.
- "Inquiet"?
- Oui. Tu vis ici comme notre propre fille et les gens ne te respectent pas pour autant... Et par la même occasion, ils déshonorent ta tante et le fait qu'elle n'a jamais été mère.
- Je suis désolée mon oncle... J'aurais dû faire plus attention...
- Est-ce une tradition irlandaise que de toujours s'excuser pour rien?! Excuses-toi pour des choses dont tu es coupable! Comme avoir manqué les cours de maitre Chun-Yip!
Ah! Le seul point sur lequel Piper ne voulait pas s'excuser...
- Tes parents ont payé pour que tu reçoives son enseignement. Rare sont les élèves qui ont cette occasion Piper et tu te permets de déshonorer le savoir et le temps de cet homme. (Il se pencha vers elle.) Tu apprendras une chose aujourd'hui... On dit que le temps c'est de l'argent, alors rentabilise l'argent que tes parents ont donné pour cette éducation, car je ne suis pas sûr que tu puisse le leur rendre.
- Q-quoi?
- Cet homme t'apprendra bien des choses Piper... Et aucune somme d'argent ne peut et ne pourra remplacer ce que tu auras avec lui.
Il se redressa, arrangeât sa veste puis l'oncle Jin s'inclina devant le maitre avant de prendre la main de sa femme et s'éloigner. Piper resta là sans piper mot. Elle avait du mal à saisir les sages paroles de son oncle à l'époque... Aussi celle de son maitre.
Mais très vite, à force de "trainer" avec eux, elle s'y adapta.
- Jones.
- Hm? se retourna la jeune fille.
- Allons-y.
- Allez où? Je dois... Retourner en cours.
- Tu peux bien manquer cette journée. Suis-moi.
Elle n'opposait pas de résistance et suivait le maitre.
greenie strawberry
Dernière édition par Piper Park le Mar 18 Aoû - 20:32, édité 1 fois
Piper ParkMessages : 103 Date d'inscription : 14/04/2020
Sujet: Re: La face cachée de Piper Jones devenue Park [Journal intime] Mar 18 Aoû - 20:31
N°5
-Ne bouge pas Jones...!
Chun-Yip tentait d'égaliser les cheveux de la jeune fille mais cette dernière était bien réticente à la vue des ciseaux. Il perdit patience et lui fit signe d'attendre là.
La jeune lionne se demandait comment il pourrait réussir à lui couper les cheveux sans ciseaux. Peut-être avait-il une technique de coiffure avec des baguettes, mais...
Chun-Yip revint avec un tantō. Evidemment qu'il ne pourrait pas lui couper les cheveux sans ciseaux... Sauf s'il avait un tantō!
- Jamais de la vie.
- Cela ne nécessitera qu'un coup.
- Vous allez me couper la tête!
Il le regarda d'une telle façon qu'elle se tût avant de le laisser faire. Elle sentit le plat de la lame froide sur son cou pendant qu'il attrapait tous ses cheveux puis d'un coup d'un seul: il coupa tous les cheveux lui faisant un espèce de carré dont toutes les pointes étaient égales.
Piper ne ressemblait plus à n'importe quoi à présent.
Chun-Yip lui remit ses cheveux coupés en main.
- Brûle-les.
- Où...? Comment?
Ses question inutiles le faisait soupirer, il pensait qu'elle parviendrait à lui donner de l'asthme.
- Suis-moi.
Piper entra avec lui dans ce qui était son logement. C'était petit.
Pas pour un, mais à deux dedans: on pouvait vite tourner en rond. Elle ne pensait pas que son professeur aurait un si petit endroit ... Elle imaginait quelque chose de plus... "Luxueux".
Cependant ses yeux étaient avides du côté humble et serein que son logement dégageait. Pour la première fois elle enviait quelque chose qui ne pouvait s'obtenir avec de l'argent, des mots, ou des faveurs.
Chun ramena un cendrier ainsi qu'un papier dans lequel il enroula les cheveux avant de les faire brûler. Dans son autre main, il avait une petite trousse de secour.
- Pourquoi est-ce qu'on doit faire ça...?
- Pour que les oiseaux ne prennent pas tes cheveux pour en faire leur nid.
Qu'y avait-il de mal à ça? Elle ne comprenait pas, mais ça ressemblait fortement à une tradition japonaise... L'était-t'il?
- Maitre Chun-Yip... Vous êtes japonais?
Il releva la tête vers elle comme si elle l'avait insulté et haussa un sourcil. Evidemment il ne lui en voulait pas. Il trouvait ça drôle même qu'elle déduise ça à cause du tantō.
C'est sûrement de lui que Piper avait appris à jouer des sourcils d'ailleurs.
- Je suis chinois...
- Alors que faites-vous en Corée? Ici la culture est fortement influencée...
- La Corée du sud est bien plus libre et sécurisée que le petit village d'où je viens. Ce pays a su garder sa culture et son caractère... J'ai fuit.
- Fuit?
- Ne te trompe pas, Jones: je n'ai pas fuit par peur, mais pour mettre mes proches à l'abris.
- C'est de la peur aussi... Plus légitime, mais...
- Les japonais avaient déjà essayé de nous envahir en envoyant des espions... Des jeunes enfants cachés dans des caisse de marchandise, qui s'incrusteraient aux coeur des familles avant de nous écraser de l'intérieur. Mais ils n'ont pas réussi...
Il se mit face à elle et coupa ses sutures mal faites.
- Jones. Je veux que tu saches et comprenne en ton coeur, quelque chose sur laquelle jamais personne ne pourra te mentir. (Piper tentait de l'écouter en dépit des soins douloureux.) Tu es plus que capable. Tu as beaucoup de potentiel et si tu t'en donnais les moyens: tu pourrais faire de grandes choses. Tu n'as pas besoin de me dire que tu es bonne élève et que tu n'est pas méchante: je le sais. Mais pourquoi te contenter de bien quand tu pourrais faire "excellent"?
- Qu'est-ce que vous voulez dire par "donner les moyens"?
- Eh bien... A part tes autres cours, que fais-tu du reste de ta vie?
- Je dors, fit-elle avec un brin d'ironie.
- Je veux dire... Ta vie sociale. Bientôt, tu auras une semaine de vacances, Jones. Que comptes-tu faire?
- Tout dépend de ce que mon oncle décide de faire... Il risque de travailler aussi alors...
- Et que comptes tu faire pendant ces longues journées?
- Je n'en sais rien. Aider ma tante à filer sa laine, écrire à mes parents...
- Tu n'as rien d'autre à faire? ( Elle fit non de la tête.) Eh bien c'est ça, "se donner les moyens". Avoir mieux à faire que de filer de la laine. Quelque chose comme devenir meilleure, se perfectionner... S'ouvrir à une discipline et la maitriser.
Chun coupa le fil de suture avant de lui nettoyer le visage et d'appliquer de la lotion sur ses bleus. Suite à quoi il contorsionna ses bras et ses jambes pour le faire craquer et détendre leurs muscles.
- Je ne vais pas te forcer Jones, parce qu'on ne force pas un oiseau à sortir de son oeuf. Soit il éclos. Soit il meurt avant d'avoir vu le jour. Pense bien à ce que je te dis, Jones
greenie strawberry
Piper ParkMessages : 103 Date d'inscription : 14/04/2020
Sujet: Re: La face cachée de Piper Jones devenue Park [Journal intime] Mer 19 Aoû - 0:21
N°6
Chun-Yip avait vu clair.
A mainte reprise, Piper avait tenté de lui faire avouer, mais ce dernier avait dit que si elle parvenait à le battre: il lui dirait.
Elle n’a jamais pu savoir.
Les vacances étaient arrivées, comme promis.
Piper était rentré a la demeure des Park où elle étudiait le matin et s’ennuyait l’après-midi. Bien que ses petites cousines - issues du petit frère de sa mère - soient là : elle ne comprenait pas grand chose à leurs jeux et préférait s’ennuyer à aider sa tante dans ses différentes tâches qui consistaient à ... mettre de l’ordre, filer la laine et dépenser l’argent que sa tante lui donnait. Sauf que dans un quartier résidentiel, les boutiques sont rares.
Alors souvent, elle trainait seule et tournait en rond... Elle en venait même à répéter les mouvements que Chun-Yip lui avaient enseigné. Mais les jours de pluie: elle s’asseyait sous le porche et attendait que le temps passe.
- Que fais-tu Païpaï?
- Rien...
- Tu n’es pas partie acheter des bonbons? Ta tante Mei ne t’as pas donné d’argent? Je lui avait dit pourtant...
Il fouillait sa poche, mais la jeune fille ouvrit sa main laissant paraître des billets froissés et accumulés depuis quatre jours. Jin eu un moment de reflexion, béat.
- Il n’y a rien dans les parages....
- Tu n’as pas demandé au chauffeur de t’amener en ville?
Piper ne voyait pas l’intérêt d’y aller seule et son oncle, maladroit, réalisa son erreur avant de prendre place près d’elle, comme un enfant.
- Tes parents te manquent, hein?
Elle fit non de la tête avant de changer sa réponse en opinant du chef.
- Tu aimes mon papa, oncle Jin?
Jin haussa les sourcils en regardant au loin.
- Je l'apprécie, oui. C'est un bon camarade ton père.
- Pourquoi tante Mei et toi ne pouvez pas avoir d’enfants ?
Jin détestait répondre à ce genre de questions blessantes. Mais l’innocence de l'enfant lui faisait oublier son ressenti.
- Mei... A un ventre trop petit et malade. Un bébé ne pourrait pas grandir dedans. Certaines personnes pensent que ta tante ne peut pas élever d'enfant car elle n'en a jamais eut...
Piper en eut le coeur serré. Elle ne comprenait pas en quoi cela pouvait être un élément de méprise pour elle.
- Tante Mei peut élever un enfant mieux que quiconque dans ce pays. Je suis désolé oncle Jin... J'aurais du faire plus attention à mes actes. Je ne voulais pas que tante Mei se sente insultée à cause de mon mauvais tempérament.
- Ton "mauvais tempérament", répéta Jin. Piper, tu n'es pas mauvaise... Tu n'es pas parfaite, certes... Mais tu n'es pas mauvaise. Tu en es loin. Je ne veux plus que tu t'excuses pour avoir réagit légitimement. Vois-tu, si on s'incline pour avoir bien fait: on laisse le mal devenir légitime. Le bon devient mal et le mal devient bon, expliquait-il en tournant sa main dans le vide, fixant un point au loin.
- Je n'aurais pas dû les frapper ni leur parler aussi mal.
- Et puis quoi encore? Tu aurais dû les laisser te tuer? Ne soit pas bête. Ce que tu fais: c'est de la fausse humilité, parce qu'au fond, tu sais que tu as eu raison de faire ce que tu as fait. N'essaye pas de... (Il agita sa main lourdement en la regardant) De devenir ce que tu n'es pas. Continue de pratiquer la justice qui habite ton coeur et ne te préoccupe pas de ce que les gens disent. Ta tante en a entendu des plus difficiles de personnes bien plus effrayantes. Est-ce que tu pense que tante Mei s'occupe bien de toi?
- Oui! Même si je n'aime pas trop filer la laine...
- Ça c'est parce que tu ne vas pas t'amuser en ville! Mais... Si tu connais la vérité, alors pourquoi te rend-tu prisonnière des mensonges des autres?
Oncle Jin avait compris que Piper n'était pas inquiète de l'honneur de sa tante... Mais de celui de sa mère. En effet, les filles avaient assumé la connaitre et ne pas l'aimer... Mais pourquoi? Qui était vraiment sa mère? Et pourquoi la détestait-on?
Oncle Jin lui expliqua alors toute l'histoire... Comment Joon était jugée pour son mariage avec Arthur.
- Les gens ne veulent pas s'ouvrir de peur de perdre leur culture et leurs histoire, mais jusqu'à preuve du contraire, tu es est tout ce qu'il y a de plus... "Park". Ne t'excuse pas de qui tu es Piper. Tu es née comme tu es née: t'es-t'il possible de rentrer dans le ventre de ta mère et disparaitre à nouveau? Non... Ce monde à besoin de toi comme tu es.
- Je crois que ce monde ne veut pas de moi, oncle Jin. Personne n'a besoin de moi ici.
- Personne n'aime les supositoirs pourtant on est bien soulagé lorsque ça fait effet, riait Jin. Piper... A l'époque nous étions de vaillants guerriers. Entre ces murs que tu vois, vivaient d'autres "Park" qui se battaient pour la justice et la paix. Beaucoup d'entre eux on eu le même sentiment que toi... Pour autant ça ne les à pas arrêtés.
- Notre famille ne ressemble plus trop à ça je trouve.
- Comment ça?! s'indigna Jin, faussement. C'est vrai qu'aujourd'hui... Les choses sont légèrement différentes. Les temps ont changé. Nous nous sommes orienté et déployés dans les affaires ... Mais nos racines et notre but restent les mêmes. Tu comprends Piper? Je ne veux plus que tu t'excuse devant ces gens.
Le visage de Jin sembla s'animer d'une espèce de force sombre et calme.
- Ne te laisse piétiner. Ta mère s'attend à ce que tu devienne sage comme elle et que tu te range... Mais c'est impossible, les gens ne l'accepteront pas, peu importe tes efforts. Qui plus est ça ne semble pas dans ta nature. Ne fais pas l'erreur de croire que les autres savent ce que tu es mieux que toi-même.
Piper ne comprenait pas pourquoi son oncle pensait différemment que sa mère, mais elle se sentait comprise d'une certaine manière. Elle opina du chef.
- Maitre Chun-Yip t'y aidera. Tu sais te battre... Mais tu ne sais pas être intouchable. Les gens ne savent pas rester à leur place et dépassent constamment leur ligne de limite. Je veux... Que tu sois capable de les remettre à leur place en restant indemne dans ton corps ( il lui montra ses cheveux coupés), dans ton coeur ( il pointa son torse), dans ton esprit et ton âme...
Ils se regardaient. Ce qu'il lui disait était comme un vent de d'indépendance, un souffle de liberté. L'opportunité de changer les choses pour vivre comme elle le voulait. Elle se préoccuperait peu de ce que les gens penseraient en bien ou en mal. Elle devait le faire. Elle allait le faire.
- D'accord mon oncle... Mais si le directeur vous appelle encore?
Oncle Jin souriait. Qu'y avait-il de si drôle?
Il se leva et épousseta son pantalon avant de lui tendre une enveloppe.
- Tiens. Poste moi ça et...C'est une bonne journée pour s'amuser sous la pluie... Tu ne trouve pas?
Puis il s'en allât. Piper ne pu comprendre le message caché.
"Reste une enfant tant que tu le peux."
greenie strawberry
Piper ParkMessages : 103 Date d'inscription : 14/04/2020
Sujet: Re: La face cachée de Piper Jones devenue Park [Journal intime] Mer 19 Aoû - 0:39
N°7
Fini les vacances. Piper avait écouté les conseils de son oncle en dépensant son argent. Cependant, elle trouvait peu d'interêt dans les jouets et autres: il n'y avait personne pour s'amuser avec elle et personne à l'école ne voudrait jouer avec elle. Alors elle avait passé son temps à la confiserie et à acheter des choses qui lui seraient utile à l'école comme un mini kit de couture, des plumes et des bonbons.
Alors que des enfants, formés en binômes s'efforçaient à adopter des réflexes d'esquive et d'attaque à l'intérieur; maitre Cheung se tenait sur le porche avec Piper.
- Gauche. Haut. Bas. Droite...
- C'est bon! J'ai compris! On peut arrêter?! suffoquait la jeune fille en appui sur ses bras.
On pouvait penser qu'elle faisait des pompes. Mais c'était en vérité la punition qu'elle méritait pour ne pas être venue en cours pendant un mois et des poussière. S'il lui arrivait de toucher le sol, ou même se de pencher trop près de ce dernier: elle serait obligée de recommencer, rallongeant sa peine.
- Ce n'est pas toi qui voulait une punition? Maintenant que tu l'as tu te plains...?
- Hmpf!
- Tu sais quoi? Ça mérite que tu fasse ça plus longtemps. Après tout, ce n'est pas avec tes petits bras que tu sauveras qui que se soit.
Ça lui apprendrait à fermer sa bouche dorénavant.
Cela faisait une semaine, bientôt que Chun-Yip faisait faire cet exercice à Piper qui dorénavant, n'en avait plus rien à faire du regard des autres sur elle.
A présent, elle connaissait le prénom des filles qui l'avaient agressée. Elle avait eu l'ordre de s'en informer, car "c'est la moindre des politesses et le minimum à faire si on ne veut pas se faire tromper".
Se renseigner sur son ennemi.
La cheffe qui lui avait coupé les cheveux s'appelait Choi Chloé. Ses parents travaillaient dans le commerce international et avaient d'énormes préjugés sur à peu près tout ce qui n'était pas Coréen. Leur argent et leur influence leur permettait bien des choses.
La deuxième était Ying Kang. Ses parents faisaient affaire avec ceux de Chloé. Les Kang étaient dans les épices spécialisés dans les épices rares, de luxe. Ils vivaient sous l'influence des Choi et Ying faisait de même: elle suivait Chloé comme un mouton suit la troupe.
La troisième et la quatrième étaient des jumelles. Cha Jo et Seol Jo. Issue d'une famille de restaurateur traditionnelle, spécialisés dans les pâtisseries traditionnelles.
Et enfin Kim Lee. Sa famille travaillait dans la confection de tissus luxueux. Leurs tissus étaient l'un des meilleurs, avec de beaux motifs et perduraient pour plusieurs générations.
Alors qu'elles se croisaient sans les couloirs ou la classe, les filles la regardait avec hargne, impatientes que l'occasion se présente pour lui régler son compte. Cependant, Piper écoutait les conseils de son maître et leur adressait un signe de la tête pour les saluer avant de les ignorer.
Cela ne faisait qu'attiser leur colère.
Piper avait dû rattraper son retard les soirs, seule avec maitre Chun. Parfois sa femme était là avec leur bébé et alors ils mangeaient tous ensemble... Parfois il n'y avait qu'eux deux. Piper se disait alors que même si ses parents n'étaient pas là, elle n'était pas si seule au final. Que tant que des gens au coeur bon existaient: les gens seuls n'étaient pas si perdus...
- Maitre, l'interpella Piper un soir alors qu'elle récitaient ses tao. Mon oncle ne m'a pas donné de punition! Vous m'avez dit que vous m'expliqueriez!
- Concentre toi sur tes Tao, Jones. Tes mouvements sont encore trop vagues.
- Maitre! J'insiste!
Alors qu'elle était en équilibre sur un pied et qu'elle tentait de passer à la prochaine figure, le maître rasa le sol de sa jambe, la faisant tomber sur le dos.
- Humpf!
Il s'avança dangereusement vers elle et brandit son poing. Piper savait qu'elle allait passer à la casserole et roula pour éviter le coup de justesse. L'impact du poing contre le sol lui fit monter le rouge aux joues.
- VOUS ÊTES MALADE?! Vous m'auriez brisé mes côtes?!
- Tu parles trop! Si tu te concentrait plus tu aurait pu répondre! A la place: tu ne fais qu'éviter!
- REPONDEZ!
Maitre Chun-Yip soupira avec toutes les cellules de son corps.
- L'école ne veut pas te punir à cause du nom de ta famille car elle contribue au bien de cette école chaque année par des donations importantes. Ils estimeront toujours qu'il est mieux d'avoir les Park de leur côté que le reste. Les noms de la noblesse sont organisés par rang et les "Park" sont troisième dans la liste...
- Où sont les deuxième et premiers?
- Les premiers étant la royauté elle-même n'apprend pas dans des écoles comme celle-ci. Ils ont leur propres professeurs et système éducatif. Et le deuxième rang à fusionné avec le premier rang... Ils se fréquentent suite à de nombreux mariages entre eux.
Chun vit que Piper réalisait l'ampleur de son nom... Cela semblait la choquer, mais bizarrement elle se refrogna et reprit son entrainement.
- Jones. Rentre te reposer... JONES. Tu m'as entendu?
Piper ne savait pas comment réagir alors comme à son habitude, elle fit comme si de rien n'était. Maître Chun soupira et se mit à exécuter les Tao avec elle.
greenie strawberry
Piper ParkMessages : 103 Date d'inscription : 14/04/2020
Sujet: Re: La face cachée de Piper Jones devenue Park [Journal intime] Mer 19 Aoû - 1:08
N°8
-JONES! PIPEO JONES.
Tout le monde levait la tête dans le couloir en cherchant le visage de Piper. Elle-même se cherchait.
Qu'est-ce qu'elle avait fait encore? Les filles avaient-elles trouvé un moyen de la faire partir?
Le surveillant l'avait trouvée des yeux.
-Jones-shi! Khadja, khadja! (Allons-y)
Elle évita de regarder autours d'elle et enfonça son kimono dans son casier avant de courir vers son responsable.
- Suis-moi.
Elle opina du chef avant de suivre l'homme vers la porte principale. Il faisait sombre et l'ombre des fleurs forgés des portes étaient projetées sur le sol.
Qu'y avait-il à l'entrée...? Ses valises? Son oncle?
Elle vit alors ses parents.
Ce fut comme si elle retrouvait ses poumons. Mais étrangement, elle ne courrait pas vers eux. Non, elle marchait d'un pas calme, l'air interdite voire inquiète. Elle arriva devant ses parents sans savoir quoi faire de ses mains ni comment les saluer. Elle avait finit par s'incliner les mains nouées.
Arthur haussa un sourcil amusé alors que Joon était inquiète en voyant son visage.
- Tu es contente Joon? Notre fille est devenue coréenne! Elle à un carré avec un supplément maquillage "gothique". On peut la ramener maintenant?
Arthur ébouriffa les cheveux de sa fille.
- J'aimerais rester, Papa. ( Ses parent tiquèrent) J'aimerais continuer à apprendre ici...
- Ton père plaisantait, Piper... Mais ton oncle m'a raconté que avais eu des premiers mois difficiles. Tu es sûre que tout va bien?
- Tout va bien, mentait Piper.
- Bon bah... Tu ne nous fais pas de câlin?
Elle lâcha un sourire avant d'enlacer son père et sa mère.
- Tu nous montres un peu ton école? What's next, hm? Selon ton emploi du temps, je crois que tu as cours avec ton maitre de Wing Chun...?
- Vous connaissez mon emploi du temps? s'étonnait Piper.
- Evidemment. Tu penses que tu ne nous manque pas? Seulement... Pour ton bien et ton avenir... Il faut que tu fasses tes études loin de nous et que tu donne le meilleur de toi.
- Oui. Evidemment...
Elle tourna ses talon et avança vers son casier suivie de ses parents pour attraper son kimono... Mais elle fut forcée de découvrir ce dernier en lambeaux.
Découpé avec difficulté, déchiré avec peine et acharnement.
- Oh! s'exclama sa mère.
- Piper... C'est toi qui a fait ça à ton kimono?
- Non...
- Alors qui?
Piper serra les dents avant de refermer son casier et continuer sa route vers l'arrière cour. Ses parent la suivaient de loin. Elle arriva devant Chun-Yip et tendit son vêtement.
- Jones! Tu es en... Qu'est-ce que ...? Qui a fait ça? (Piper ne répondait pas.) D'accord Jones. (il remarqua Mr et Mme Jones et s'inclina.) Jones... Occupes-toi de la suite de l'entrainement, je dois parler avec tes parents.
Elle opina du chef et maitre Chun-Yip orienta les Jones vers un petit salon où ils allaient boire le thé avant de discuter des problèmes de Piper.
Sa mère était consternée au plus profond de son âme. Et son père? Il voulait leur parler aux filles et leurs parents, mais Joon, comme Chun savaient que ce n'était pas comme ça que les chose changeraient. Les gens allaient dire qu'ils n'avaient pas de leçon à recevoir d'un étranger détruisant et pillant le pays des autres pour établir leur puissance.
Arthur se souvint que les asiatiques ne jouaient pas le même jeu et qu'ils prenaient très à coeur leur culture et avaient un grand sens de l'honneur ... Un peu trop grand. Il ne pouvait rien faire.
Cependant, Chun- Yip leur expliqua ce à quoi il entrainait leur fille. Pourquoi est-ce qu'ils ne devaient rien dire, ni même réagir. Piper apprenait à devenir autonome, autoritaire et à s'imposer. Il fallait donc qu'ils fassent comme si de rien n'était. Elle ne devait pas paraitre comme une fille à papa, cachée dans les jupons de sa mère.
A midi, Piper mangeait en compagnie de ses parents qui ne savaient pas de quoi lui parler.
- Monsieur Pao se plaît ici?
- Qui est "Monsieur Pao"? demanda Piper.
Le fait qu'elle oublie le nom de son lapin en peluche choqua profondément ses parents.
- Ah... Mon lapin... Il s'est fait coupé les oreilles deux fois. Je lui ai raccommodé et je l'ai caché pour pas qu'il se les fasses couper encore.
Joon aurait préféré ne jamais avoir posé la question et se remit à manger en silence jusqu'à ce que les filles rejoignent les Jones.
Piper s'arrêta de manger instantanément. Ying à sa droite et Kim et Chloé à sa gauche. Les jumelles avaient eu le toupet de se mettre à côté de Joon. Personne n'avait approché Arthur.
Piper regarda dans le vide de sa table tentant de comprendre à quo est-ce qu'elles pouvaient bien jouer. Joon comprit ce qu'il se passait, mais comme maître Chun-Yip l'avait dit: il ne fallait pas intervenir.
- Salutation, Ommoni.
Toutes la saluèrent. Piper en levant les yeux, vit ses parents leur répondre par un geste de la tête et un sourire... Enfin... Arthur regardait avec appréhension. Puis en regardant plus loin... Elle vit son groupe de wing-chun la fixer.
Ils ne la portaient pas dans son coeur, du moins pas assez pour êtres "amis", mais ils savaient ce qu'il se passait dans la vie de Piper. Ils observaient... Et ils se demandaient bien pourquoi elle ne réagissait pas. Ils ne supportaient pas de la voir se laisser faire. C'était... Quelque peu déshonorant.
- Ommoni... Que faites-vous ici?
- Euh... Eh bien... (Elle inspira.) Nous sommes venus rendre visite à notre fille.
Chloé regarda Arthur qui haussa les sourcils avant de lui faire un signe de main. Mais la jeune impertinente l'ignora. Ce qu'il fit faire une moue à Arthur. Piper tourna légèrement la tête sur le côté comme si elle encaissait un premier coup.
- Combien de temps comptez-vous nous honorer de vôtre présence, ma tante?
- Deux semaines, répondait Arthur dans un coréen parfait. Pourquoi tu veux savoir ça...?
Il ne connaissait pas son nom. Tout le monde fut stupéfait d'entendre un étranger parler le coréen.
- ... Choi. Choi Chloé.
- Je vois... Je connais tes parents. Des commerçant qui abordent les côtes européennes une ou deux fois pas an. Quand j'étais plus jeune nous avons travaillé ensemble. Alors? Pourquoi veux tu savoir combien de temps nous resterons?
Chloé ne voulait pas répondre. C'était un blanc avec des cheveux roux.
- Ommonie... Pourquoi avoir choisi cette école?
Piper serra les dents, tandis que son père s'arrêta net de manger.
- Pourquoi ne pas répondre à mon époux?
- Ommoni, défendit Ying. Son accent est trop fort, nous ne comprenons pas tout ce qu'il dit.
- Pourtant, lui comprend tout ce que vous dites. Répond donc à sa question si tu veux que je te réponde...
- Je demande ça comme ça, répondit Chloé.
- Nous avons choisi cette école parce que nous avons estimé que c'était la meilleur pour notre fille, répondit Joon.
- Cela n'aurait pas mieux valu qu'elle aille dans une école en Europe? Ici, Piper est seule et elle ne comprend pas grand chose à nos coutumes et notre culture. Qui plus est... Elle ne parle pas bien notre langue...
Piper serra les poings. Alors qu'elle s'apprêtait à se lever, elle se reçu une rondelle de racine de lotus sur la joue. Elle rasa la cantine et vit son professeur qui fit non de la tête pour dire que ce n'était pas de lui. En vérité: c'était son père.
- Ne réagis pas Pip, lui dit -il en irlandais. Amuse-toi et ignore les.
Piper lança sa rondelle à la face de son père qui éclata de rire avant de se remettre à manger. Ils écoutaient la conversation de Joon et des filles.
- Ce sont des conversations de grand, Choi-sshi. Des conversations qui ne vous regardent ni toi ni tes amies. Tu ferais mieux de rester à ta place de jeune étudiante. Piper est intelligente, elle rattrapera très vite son retard... Je suis sûre que si tu l'aidait au lieu de chercher un moyen de t'en débarrasser: elle irait encore plus vite...
- Ommoni! Nous l'avons fait! Nous l'avons aidée! Mais elle refuse d'apprendre!
Cette fois c'en était trop!
- C'est faux! cria-telle. Tout ce que tu as fait depuis le début c'est m'insulter et me persécuter en insultant ma famille à cause du mariage de mes parents!
- Tu mens! Ommoni: elle ment!
- Dis-moi que ce n'est pas toi qui m'a coupé les cheveux et fait ma cicatrice au sourcil! Avec un ciseau en plus! DIS LE!
- C'est toi qui cherchait la bagarre! crièrent les jumelles.
- Nous on a fait que parler! avait surenchérit Ying.
Piper sentit que c'était trop. Chloé semblait fière de pouvoir mentir sans que les parents de Piper ne puisse réagir. Elle attrapa le noeud de Chloé et le tira si fort qu'elle eut la tête dans son plat. Son nez s'écrasa fortement contre le font de son assiette. Son acte avait fait régir tout le monde.
... Sauf Arthur qui rigolait.
- Maintenant tu pourras dire a tout le monde que je t'ai fait quelque chose.
Puis elle se leva et quitta la table.
greenie strawberry
Piper ParkMessages : 103 Date d'inscription : 14/04/2020
Sujet: Re: La face cachée de Piper Jones devenue Park [Journal intime] Mer 19 Aoû - 1:35
N°9
-Nous ne la croyions pas Piper... Arrête de t'énerver...
Joon essayait tant bien que de mal de rassurer sa fille, mais cette dernière semblait insensible. Qu'on la croit où pas, elle n'en avait rien à faire. Elle se demandait pourquoi personne n'avait réagit. Pourquoi personne ne se bougeait pour faire justice.
- J'ai compris. Je vais rejoindre ma classe.
- Piper...! Est-ce que c'est réellement cette fille qui t'as coupé les cheveux?
- Si tu me faisait vraiment confiance: tu n'aurais pas eu besoin de me poser la question.
Ainsi les jours passèrent.
Les enfants eurent le temps de rapporter à leurs parents que Joon-Ji Park était ici... Alors ils rappliquèrent eux aussi. Le trouble en fut plus grand pour Piper qui ne supportait plus de voir l'hypocrisie des parents des cinq filles face à leur mère. Cela faisait bientôt six mois qu'elle les avait vu et la première fois, ils ne lui parlèrent pas comme il le faisaient là. En vérité, personne ne lui avait adressé la parole. Aujourd'hui, ils la saluaient.
Quelle bande de lèche-culs.
- Eh la connasse! Comment ça s'fait que ta mère ait pu avoir une fille comme toi? grogna Chloé en arrivant avec ses chaussures boueuse sur le tatamis du dojo.
Il pleuvait. Piper était dehors dans le jardin à faire les même exercices que ses camarades. Mais elle se redressa vite.
- T'as rien à faire là! Tu salis nos tatamis avec tes chaussures dégueulasses! Sors!
- A ouais? Regarde!
Elle essuya la boue de ses pieds sur les tatamis et ses amis firent de même.
- QU'EST-CE QUE TU FAIS?! s'énerva Piper en se précipitant vers elles.
Mais ses camarade de cours l'en empêchèrent.
- C'est pas mal ici. J'était jamais venu là... Peut-être parce que je m'entraine pas comme toi... Remarque ça sert à rien d'apprendre: t'es toujours une plouc.
- Qu'est-ce que tu viens faire ici Chloé? demanda une des filles du cours.
Elle s'appelait Agnès Leung Bik.
- En quoi ça te regarde laideron? Reste sous ta pluie et mêle-toi de tes affaires! Oooh ...! Mais c'est vos serviettes ça ? Pour vous essuyer ? Je me permet!
- Ne touche pas à ça!
Mais c'était trop tard. Elle s'essuyait les chaussures avec. Piper se mit à courir vers elle avant que son professeur la pousse. Il était sorti de nul part.
- Maitre!
- Retourne travailler! (Il se tourna vers les cinq filles). Que faites-vous là? (Il remarqua les traces de chaussure sur le tatamis.) Vous avez salit ma salle d'entrainement et les serviettes de mes élèves.
- Qu'est-ce qui vous prouve que c'est nous?!
- Mes élèves sont dehors depuis le début du cours. Ils sont pieds nus, alors leurs chaussures sont à l'entrée... Et vous tenez des serviettes boueuses qui ont sûrement servit à essuyer vos chaussures boueuses.
Démasquée.
- Laissez-moi être clair: vous n'avez rien à faire ici, sauf si vous suivez ce cours. Nettoyez vôtre bazar.
Evidemment, elles étaient parties sans jamais revenir. Piper était désolée. Elle se trainait des casseroles au cul et tout le monde était obligé de trinquer avec elle.
- Je vais nettoyer, maître. C'est de ma faute.
Agnes était restée elle aussi. Elle avait la sensation d'avoir contribué indirectement à ce conflit. Suite à quoi, Piper resta seule avec son maitre.
- Pourquoi m'avoir poussée alors que j'allais lui régler son compte à elle et ses amies? J'aurais pu!
- Tu aurais pu nous mettre dans de gros problèmes! ( Piper se refrogna. Touché-coulé.) Aucun témoin n'aurait pu attester...
- On était plus de dix!
- Ecoute Jones. Si tu veux à ce point lui régler son compte, tu dois le faire devant vos parents!
- Un combat officiel?
- Non. Tu dois t'arranger pour que ses parents et les tiens voient qu'elles te cherchent des noises. Si tu veux faire ça... Je peux t'aider à y parvenir.
Il avait une idée derrière la tête. Piper était tout ouie.
Le plan consistait à ce que le maitre Chun mène les parents au troisième étage alors que Piper s'isolerait dans la cour de récréation, bien en évidence. Elle se laisserait aller quelques secondes avant d'en avoir marre et de riposter une fois pour toute.
La jeune fille aimait ce plan. Elle allait faire bouffer à ces riches leurs préjugés sur son métissage et sur sa mère... Et sur son père et son oncle et sa tante.
Voilà ce qu'il se passa le jour J:
Piper était au réfectoire, en compagnie de ses camarades de wing chun. Elle avait vu les parents passer pour monter en haut, ainsi que ses professeurs. Ayant finit de manger elle allait déposer son plateau pour sortir dans le jardin et s'asseoir sur un banc, bien en évidence...
Elle scrutait les fenêtres du bâtiment en surveillant l'avancée des parents dans l'école, et soudain, Chloé et sa clique montrèrent le bout de leurs nez.
- T'es toute seule la moche? Tes pôte ton jetés? T'était trop nulle c'est ça?
Piper ferma les yeux et ignora leurs rires.
- Montre-nous comment tu te bats, "Jones". Jones... Lèves-toi!
Ying lui mit un coup de pied qu'il lui fit ranger sa jambe, mais son cul resta gluée au banc. Alors Ying et Kim lui attrapèrent les bras pour la forcer à se lever. Mais là encore, Piper s'était débrouillée pour rester assise. Alors, Yin, Kim est les jumelles lui attrapèrent les bras et les jambes avant de la balancer plus loin.
- Tu penses que parce que t'es européenne, qu'on va te laisser faire ce que tu veux? T'ES EN COREE ICI, DEBILE. Tu vaux pas mieux que ton père!
Piper jetait un coup d'oeil au troisième étage.
Où étaient-t'ils?! Pourquoi monter dix petites marches prenait si longtemps? Etaient-ils en train de manger dans les escaliers?! Elle se releva et essaya d'aller s'asseoir sur le banc sauf que les filles faisaient barrage.
- Retourne dans ton pays salle bouffeuse de haricots. Nan, encore mieux: crève. Ta mère mérite mieux comme fille qu'une râtée comme toi.
Piper baissa la tête et serra les poing avant de forcer le passage pour retourner sur son banc, là encore on lui tira les cheveux en la poussant en lui tirant ses vêtements, en lui mettant des claques... Piper encaissait. Elle ne savait pas jusque quand elle allait tenir...
Puis comme un signe du ciel, elle vit son maitre qui les fixait. Elle poussa chacune des fille, les cheveux en bataille, la chemise hors de la jupe et les joues rougies sous l'effet des claques. Elle regardait les filles sans pitié avant de leur mettre une raclée phénoménale.
Chloé avait une sacrée trace de semelle sur la face et un nez brisé. Celui de Ying était juste déplacé et après être mal retombée: son épaule s'était déplacée. Les jumelles avaient de simples hématomes noir comme le charbon. Quant à Kim... Kim avait fuit.
- JE N'EN REVIENS PAS! CHLOÉ! AS-TU VRAIMENT DÉCOUPÉ LES CHEVEUX DE LA FILLE DE MONSIEUR ET MADAME JONES?!
Chloé pleurait noyée dans sa honte. Arthur et Joon s'occupaient de soigner Piper.
- AVEC DES CISEAUX! TU AURAIS PU LUI FAIRE BIEN PLUS QU'UNE CICATRICE! TU IMAGINE SI TU L'AVAIS TUÉE?!
Piper était bien contente dans le fond qu'elle se fasse engueuler devant tout le monde, avec son nez qui saignait et se bleus. Mais elle savait que Monsieur Choi était hypocrite. Il prétendait trouver les actes de sa fille grave, mais au fond, il pensait que Piper était une erreur.
- LES CHEVEUX, CHLOÉ! LES CHEVEUX! LES CHEVEUX SON L'HONNEUR ET LA BEAUTÉ D'UNE FILLE! Qu'aurais-tu dit si on te l'avait fait?!
- I-ils repousseront, fit Joon d'une voix douce...
Mais le père de Chloé ignora Joon.
- Père! Maman et toi vous dites toujours que l'enfant Park ne méritait pas d'exister et car sa lignée était indigne! Que... Que Joon-Ji Park avait bouffé l'honneur et l'image de la noblesse co--
Elle n'eut pas le temps de continuer que la main de son père résonna contre la joue de sa fille. Piper avait déjà reçu des fessée et des tapes lors de ses excès, mais jamais son père ne lui avait mis une telle gifle. Il ne l'aurait jamais fait sans une bonne raison.
- Tu jète le déshonneur sur notre famille. Tu me déçois.
Il allait sans dire que le père de Chloé avait honte que sa fille ait pu révéler la vérité avec une facilité si déconcertante. Les autres parents prirent exemple et ne poussèrent pas leurs enfant à leurs parler. Ils les puniraient ailleurs en leur apprenant dorénavant à être hypocrite, surtout avec Piper.
La jeune fille, d'ailleurs, se sentait horriblement mal pour sa rivale qui avait les deux joues rouge maintenant. Elle lui avait refait le portrait: fallait-il que son père en rajoute une couche?! Au final... Piper se rendait compte qu'elle avait de la chance d'avoir les parents qu'elle avait.
Au début elle pensait qu'ils l'avait abandonnée ici, mais non. La preuve en était que l'oncle Jin et la tante Mei s'occupaient d'elle avec grand soin. Elle n'était pas à plaindre.
Chloé, elle, ne recevait jamais de courrier, ni de visite. Sauf quand ses parents ont appris que Joon était là. Ses parents étaient très critique envers le monde et les gens... Ils devaient l'être envers eux-même et envers leur mère.
Au final ces filles subissaient la même pression sociale que leurs parents subissaient. Ce que Piper ne subissait point car ni Joon, ni Arthur n'avaient trouvé bon de lui infliger. Piper serait ce qu'elle voudrait et tout ce qu'elle voudrait serait honorable et louable tant qu'elle le ferait avec coeur et assiduité.
Après quoi, les parents s'inclinèrent devant Joon, Arthur et Piper. La jeune fille avait les larmes aux yeux, sans comprendre pourquoi et comment. Elle en voulait terriblement au père de Chloé qui n'allait certainement pas en rester là.
greenie strawberry
Piper ParkMessages : 103 Date d'inscription : 14/04/2020
Sujet: Re: La face cachée de Piper Jones devenue Park [Journal intime] Mer 19 Aoû - 1:51
N°10
Depuis ce jour, Piper n'avait pas cessé d'avoir des regrets. Une partie d'elle était comme morte... Ou absente. Elle n'en parlait pas et quand elle croisait le chemin de Chloé, elle sentait l'irrépressible envie de prendre de ses nouvelles et de s'excuser, mais cette dernière la fuyait. Il était impossible de parler à ses amies qui la fuyaient aussi.
- Jones... Concentres-toi...
- ...
- Joooones...
- ...
De son bâton, il poussa la jambe de Piper pour la porter et lui faire perdre l'équilibre. Piper tomba et n'évita même pas le coup qui suivit.
- Réveilles-toi, Jones!
- HUMPF! Pardon... Je vais faire des tours...
- Non. Dis-moi ce qui ne va pas. Depuis que tes parents sont repartis, tu es ailleurs... Ils te manquent? (elle fit non de la tête.) Alors quoi?
- C'est juste que... Ça vous arrive de penser que j'aurais pu faire autrement?
- Jones. Passe à autre chose. Tu as aussi le droit à la justice.
- La justice à un goût sacrément amer...
- Chloé devait payer pour ses actes.
- Mais à ce prix?!
- A quoi est-ce que tu t'attendais?
Piper serra les dents et s'en allât.
- A RIEN!
Elle prit ses jambes à son cou et se réfugia quelque part, un peu au hasard pour pleurer. Elle avait ce sentiment lourd , d'insatisfaction, d'injustice... Ce coeur de compassion....
- ... Excuse-moi...
La jeune fille resta de dos. C'était la voix d'un jeune homme.
- Excuse-moi...
- QUOI?!
Elle se retourna et vit un garçon légèrement plus âgée qu'elle qui lui tendait un mouchoir en tissu. Elle le regarda de travers avant d'accepter le mouchoir.
- Tu pleures?
- Non. Je suis juste fatiguée.
- Tu pleures, insista le jeune homme alors qu'elle essuyait ses yeux.
- Et alors?! J'ai le droit!
- ... Dans l'aile des garçons.
- Y'avait pas de pancarte! T'es qui toi d'ailleurs?!
- C'est si gentiment demandé.
- Pardon... Je me sens mal.
- Tu veux en parler? (Piper n'était pas convaincue.) Je ne suis qu'un inconnu, je ne te connais pas et tu ne me connais pas... Tu n'es pas obligée si tu ne veux pas.
Piper ne sentait rien de menaçant chez ce type. A vrai dire, une certaine douceur émanait de son visage. Quelque chose qu'elle n'avait encore jamais vu.
- Okay...
Et là, assis sur les marches qui menaient aux dortoirs des garçons, Piper expliqua la situation à son "oppa" qui l'écoutait avec une attention particulière.
- Je sais que c'es dur, mais ton maître a raison. Certes, c'est horrible la façon dont le père de Chloé traite sa fille, mais si elle n'avait pas fait tout ça, tu n'aurais pas été obligée de prendre de telles mesures. Au final, c'est de sa faute si elle s'est fait punir comme ça...
- Je n'aime pas punir les gens indéfiniment... Je l'avais déjà assez bien remise à sa place, mais la gifle de son père... C'était froid et...
- Ici les parents se préoccupent beaucoup de l'honneur. Tu as de la chance d'avoir deux parents différents. Ça veut dire qu'il peuvent mieux te comprendre et sont plus souple avec toi. Ne t'en veux pas. Oublie et passe à autre chose. Dis-moi: c'est toi qui a choisi de pratiquer les art-martiaux? Ou c'est tes parents?
- Mes parents... Mais j'aime ça. C'est très... "gratifiant". Et toi? T'en fait pas, pas vrai?
- Oh non! Rien de tout ça. J'aime pas la bagarre et la violence. Je préfère les mots et les tournures d'esprit.
- Les tournures... d'esprit?
- C'est quand tu fais de l'ironie . Du sarcasme...
- Oh...
- Je t'apprendrais si tu veux.
- Ça te ressemble.
- De quoi?
- De pas te battre. Ça te ressemble. (Il sembla intrigué.) Tu parles doucement et tu as un visage très...
Elle agita ses mains dans le vide.
- ... Très doux.
Le jeune homme sembla rougir avant de regarder ailleurs.
- Tu t'appelles comment? demanda la jeune fille l'air de rien.
- Peter... Et toi?
- Piper.
greenie strawberry
Contenu sponsorisé
Sujet: Re: La face cachée de Piper Jones devenue Park [Journal intime]
La face cachée de Piper Jones devenue Park [Journal intime]
Page 1 sur 1
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum